LES BOURBONS
LOUIS XVI, CHEF DE GUERRE |
LA BATAILLE NAVALE D'OUESSANT Alliée aux jeunes Etats Unis d'Amérique, la France espère affaiblir la puissance maritime et coloniale de l'Angleterre. Le 27 juillet 1778, au large d'Ouessant, la flotte de Louis XVI met l'ennemi en fuite, malgré l'incompétence du duc de Chartres qui étrenne un titre d'inspecteur général de l'armée navale. Le 4 juillet 1776, les colonies anglaises d'Amérique ont proclamé leur indépendance et se sont engagées dans une guerre longue et difficile. Pendant près de trois ans, Louis XVI a hésité à leur apporter son aide. Mais, le 6 février 1778, la France a signé un traité d'alliance avec les jeunes Etats Unis. Vergennes, le ministre des Affaires Etrangères, espère venger l'humiliation du traité de Paris, qui a mis fin à la Guerre de Sept Ans et par lequel la France a dû céder à l'Angleterre le Canada et toutes ses possessions à l'est du Mississipi; un excellent prétexte pour tenter d'abattre la Perfide Albion ou du moins de "ramener sa puissance à de justes bornes". Les hostilités ne sont pas encore déclarées que déjà on projette de débarquer sur les côtes anglaises et qu'une escadrille appareille de Toulon pour l'Amérique. Le duc Louis Philippe Joseph de Chartres,
qui n'est pas encore duc d'Orléans et qui entrera dans l'Histoire sous le nom
de Philippe Egalité, a exprimé le désir de servir dans la Marine. Nommé inspecteur
général de l'armée navale de Brest par le roi, il doit prendre le commandement
de la troisième division sous l'autorité du lieutenant général, le comte d'Orvilliers.
Ce dernier, officier de marine chevronné, est un peu inquiet de voir à la tête
d'une escadre un prince du sang, qui, de surcroît, n'entend pas jouir d'un titre
honorifique, mais bel et bien en exercer la charge! Bien qu'il ait délégué à
son côté le capitaine de pavillon La Motte Picquet, Orvilliers a tout lieu de
redouter l'incompétence de son noble subordonné. Le 17 juin, les Anglais donnent
le signal des hostilités en attaquant une frégate française au large de Brest.
Le 30, ils s'emparent de deux autres navires. Indigné, Louis XVI ordonne au
comte d'Orvilliers de mettre les voiles et d'attaquer la flotte de l'amiral
Keppel, qui croise au large de la Bretagne. Le 8 juillet, trente deux vaisseaux répartis
en trois escadres légères lèvent l'ancre. Quelques jours plus tard, dans les
parages de l'île d'Ouessant, la brume se dissipe, ce qui leur permet d'apercevoir
l'ennemi. Une heure et demie après le début du combat,
le comte d'Orvilliers ordonne au duc de Chartres d'effectuer un mouvement tournant
pour prendre l'arrière-garde anglaise à revers et par surprise. Mais le prince
ne comprend pas son signal et fait route précipitamment vers le navire amiral
pour y recevoir directement ses ordres. Page MAJ ou créée le 2002 |