DESCENDANTS DE CLOTAIRE 1ER : CHILDEBERT II
LE TRAITE D'ANDELOT : UNE PAIX PROVISOIRE
Le 28 novembre 587, Gontran, roi de Burgondie, et le jeune Childebert II, roi d'Austrasie, représenté par sa mère la reine Brunehaut, signent le traité d'Andelot. Les contemporains voient là l'espoir d'une solution pacifique à la guerre civile qui oppose, au sein du royaume franc, les partisans de l'Austrasienne Brunehaut et de la Neustrienne Frédégonde. Mais, en 592, la mort de Gontran va consacrer l'échec de cette tentative de conciliation.
Depuis 561, la paix civile franque est
troublée par l'héritage de Clotaire 1er. Une lutte sans merci oppose Chilpéric 1er, roi
de Neustrie, le fils unique issu de l'union entre Ingonde et Clotaire 1er, à ses
demi-frères Sigebert 1er, roi d'Austrasie, et Gontran, roi de Burgondie, nés du lit
d'Arégonde, la soeur d'Ingonde. Leur père et leur demi-frère, Charibert,
décédés, les trois frères ennemis ont obtenu chacun une part du royaume franc, mais
continuent d'intriguer pour s'arroger l'héritage des autres.
Ce conflit latent est accentué par la haine farouche que se vouent les deux épouses
royales : Brunehaut, qui a convolé avec Sigebert 1er, et Frédégonde, concubine non
libre de Chilpéric 1er.
Dans ce contexte houleux, Chilpéric 1er,
inspiré par la terrible Frédégonde, fait assassiner son demi-frère Sigebert 1er, à
Vitry en Auxois, en 575. Désormais veuve, Brunehaut rencontre les plus grandes
difficultés à faire reconnaître son fils légitime, le jeune Childebert II, par les
Grands d'Austrasie qui menacent de se rallier à Chilpéric 1er. Aussi, pour assurer sa
position de régente, elle fait appel, en désespoir de cause, à son beau-frère Gontran.
En 577, le roi des Burgondes choisit d'adopter son neveu Childebert, ce qui revient à lui
accorder sa protection.
Conséquence des conflits internes à la famille mérovingienne, le royaume est segmenté
en multiples territoires sur lesquels s'appuient les uns et les autres pour alimenter
leurs ambitions. Le 28 novembre 587, à Andelot, petite cité de la Haute Marne, au nord
est de Chaumont, un traité est signé entre le roi des Burgondes Gontran et son neveu
Childebert II d'Austrasie, représenté par la reine Brunehaut. Les deux rois se jurent
amitié et déclarent que si l'un d'eux décède, le survivant héritera de ses
possessions. Gontran est reconnu comme tuteur des enfants de Childebert si celui-ci vient
à mourir. Si les souverains font également alliance contre les Leudes (les sujets liés
par serment de fidélité personnel) révoltés, le pacte d'Andelot, prenant en compte les
conflits familiaux en cours, concerne principalement la répartition des territoires.
Gontran obtient officiellement la partie de l'Aquitaine sur laquelle il règne depuis la
mort de son demi-frère Charibert, et de la portion méridionale de la cité de Paris.
Childebert 1er récupère le reste de l'Aquitaine, Senlis, Meaux, Tours et Poitiers,
conserve l'Auvergne et ses annexes provençales : Marseille, Uzès et Avignon. Bordeaux,
Limoges, Cahors Lescar et Tarbes, reviennent à Brunehaut. Néanmoins c'est Gontran qui
gérera ces cités en usufruit, à l'exception de Cahors, directement concédée à la
reine.
Ce complexe assemblage aurait dû assurer la stabilité du royaume franc. Malheureusement,
la mort de Gontran, en 592, va laisser libre cours aux appétits de pouvoirs et aux
revendications territoriales. Ainsi s'ouvre une nouvelle période de conflits qui se
terminera bien des années plus tard.
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