LES VALOIS
FRANCOIS 1ER, SA VIE |
LES TRISTES NOCES DE CLAUDE DE FRANCE Son père l'avait promise au futur Charles Quint. C'est finalement le futur François 1er qu'elle épouse. Instrument de la politique de Louis XII, Claude France a conscience que le joli comte d'Angoulême n'éprouve aucun sentiment à son égard, pas même un peu de tendresse ou d'affection. Le jour de ses noces aurait dû être un jour de fête, le plus beau jour de sa vie. Mais sur la cérémonie, plane l'ombre de la reine Anne de Bretagne, décédée quelques mois plus tôt. Et puis, chacun est pressé d'en finir avec une affaire qui n'est, après tout, que politique. En janvier 1514, un terrible hiver s'abat sur la France. Les rivières sont gelées, les bourgs subissent les attaques répétées des loups affamés, le pain manque... La rudesse des conditions climatiques semble annoncer la tragédie qui se prépare. La reine Anne de Bretagne est au plus mal. Epuisée par huit grossesses, dont aucune n'a donné de dauphin à la France, la souveraine rend son dernier soupir au château de Blois, le 9 janvier, après d'intolérables douleurs. Le pays tout entier est plongé dans une profonde tristesse. Quelques quatre mois plus tard, le 13 mai, la
princesse Claude de France épouse le fringant comte d'Angoulême, le futur François 1er.
La cérémonie est lugubre. La maigre assistance (le roi n'a pas voulu déranger la Cour)
porte encore le deuil de la reine Anne. Quant à Louis XII, il s'inquiète plus, lui qui
est si parcimonieux, de la prodigalité et des folles dépenses de son futur gendre, qu'il
ne désespère pas d'assagir, que des sentiments qui agitent sa fille. D'autant, qu'après
huit années de fiançailles, il considère ce mariage comme une simple formalité. En cette claire matinée du 13 mai 1514,
le chagrin causé par la disparition d'Anne de Bretagne est encore palpable. Louis XII,
rongé par le désespoir a décidé de supprimer les manifestations trop joyeuses. Il n'y
aura donc ni joutes, ni trompettes, ni ménestrels. La petite Claude n'a que quatorze ans et
demi. Elle est arrivée à Saint Germain en Laye, où se déroule la cérémonie, avec
dans ses bagages les rideaux de damas blanc dont elle garnira le lit nuptial. La jeune
fille savoure son bonheur malgré sa robe de deuil. Elle, si disgracieuse, d'étrange
corpulence et boiteuse comme l'était sa mère, contemple avec admiration son futur
époux, de cinq ans son aîné, cet hommes "glorieux" et "triomphant".
François a le corps taillé pour la guerre... et pour l'amour, des lèvres de faune, des
yeux paillards attirant le regard de toutes les femmes de France. Il se tient à la droite
du roi au milieu des princes et des hauts fonctionnaires, vêtu d'un pourpoint de damas
noir incrusté de velours. Son regard se pose à peine sur cette femme-enfant que la
politique lui impose. "J'estime certes, cette fille du roi, mais je ne pourrai jamais
l'aimer. Rien en se personne ne me séduit. Question d'Etat! Il y va du règlement de
l'Affaire de Bretagne, voire des intérêts généraux du royaume. Pour l'amour, il est
d'autres prés où, presque sans me baisser, j'aurai tout plaisir de cueillir à foison
les plus capiteuses corolles", a-t-il confié à sa soeur Marguerite quelques
semaines avant les noces. Page MAJ ou créée le |